dimanche 4 janvier 2015

Le séisme de 1960 d'Agadir



Un séisme d'une magnitude de 5,7 frappe la ville d'Agadir, au Maroc, provoquant un tsunami et des écroulements de terrain dans la région. Il s'agit de l’événement sismique le plus puissant de l'histoire du Maroc et du plus important séisme de magnitude modérée du 20e siècle. Le séisme d'Agadir est considéré comme d'ordre modéré parce que sa magnitude est inférieure à 6 sur l'échelle de Richter. Deux secousses marquent la nuit du 29 février 1960.
 La première, à 22h50, ne provoque que quelques dégâts. La seconde, qui se produit à 23h41, dure 15 secondes et est nettement plus importante. Son épicentre est directement sous la ville, ce qui explique l'amplitude des dégâts. À la suite de la secousse, un tsunami frappe la ville sur près de 275 mètres. On observe aussi des écroulements de terrain dans la région. Des fissures se forment également dans les environs, mais les impacts sont moins importants que dans la ville où le bilan des dégâts varie selon les secteurs. On estime qu'entre 60 % et 90 % des habitations et bâtiments ont été détruits ou sévèrement endommagés. Cette forte proportion s'explique par la proximité des bâtiments et leur qualité, la majorité des édifices ne respectant pas les normes de construction parasismique. Ainsi, sur les 35 000 résidents de la ville, entre 10 000 et 15 000 sont décédés alors qu'un autre tiers de la population est blessé. La somme des dégâts est estimée entre 70 millions et 120 millions ($US).
 Les Français, Américains et Espagnols viendront en aide. Par la suite, Agadir sera rasée par peur de propagation des maladies. Le roi Mohamed V décidera de rebâtir la ville plus au sud et de la rendre conforme aux normes de construction parasismiques. Près de 45 millions $US seront investis dans ce projet.
Dans les heures qui ont suivi le séisme, les marins de la base aéronavale française voisine sont venus porter secours aux survivants (environ 30 000). La proximité de cette base qui n'avait pratiquement pas subi de dégâts, l'arrivée rapide de l'escadre française de Méditerranée ainsi que d'une escadre néerlandaise, permirent la mise en place rapide des secours aux rescapés. Deux jours plus tard, la ville fut évacuée pour éviter la propagation de maladies. Les recherches continuèrent pendant un certain temps, notamment pour identifier les corps, mais il est resté une grande incertitude quant au bilan humain du désastre.


Dès le lendemain, le roi Mohammed V et son conseil des ministres ont créé une commission de reconstruction dont les rênes ont été confiées au prince héritier, Moulay Hassan. Rapidement, afin de réduire les risques sismiques (Agadir était littéralement construite sur la faille), il fut décidé que la ville nouvelle serait reconstruite un peu plus au sud, en abandonnant les quartiers situés au nord de l'oued Tildi, la Kasbah, Founti, Yachech, Talborjt, devenus inconstructibles. La première pierre de ce chantier est posée par le roi le 30 juin 1960, alors que les travaux de déblaiement de la ville avaient à peine commencé.